Dirigeante d’une entreprise d’engins de chantiers, Nathalie Pignol a dû recourir aux mécanismes de chômage partiel et de Prêts garantis par l’Etat
Mes souvenirs marquants de la crise sanitaire
« Le choc a été énorme pour notre PME de 30 salariés à l’époque. Arrêter de travailler sous la contrainte après 30 ans d’activité continue, ça fait bizarre Le plus dur c’était de ne pas être ensemble sur les chantiers, d’être privés d’interactions humaines car dans nos métiers de terrain, il n’y a pas de télétravail et cela demande de s’adapter à chaque type de chantier. J’ai eu la chance d’avoir des salariés formidables qui ont permis un redémarrage rapide des chantiers en adoptant les gestes barrières : chacun venait avec son repas, sa bouteille d’eau et on se parlait de loin. On n’avait pas d’activité pour tout le monde quand c’est reparti doucement mais on alternait entre personnel sur les chantiers et personnel au chômage partiel. La galère c’était pour trouver des masques, du gel. On a sollicité des gens doués pour la couture. Ma maman, à 80 ans, a fabriqué 40 masques de toutes les couleurs en une semaine, les amis, les familles : tout le monde a aidé ».
Cinq ans après
La mauvaise nouvelle, c’est qu’on n’a pas retrouvé l’activité d’avant le Covid. La commande publique n’est pas repartie et les privés non plus Nous avons dû restructurer la société avec des pertes d’emplois. L’autre difficulté vient des prêts garantis par l’Etat : négocier avec les banquiers pour allonger les délais, est très difficile. J’ai entamé une procédure de conciliation fin juillet 2024 qui va s’achever en avril donc nous coûter beaucoup d’argent. C’est une perte d’énergie et cela crée un gros problème de trésorerie
La bonne nouvelle, c’est que cette solidarité au sein de l’entreprise perdure y compris dans les mauvais moments. Ceux qui sont là sont présents, motivés, prêts à s’entraider. Nous subissons en ce moment l’arrêt du chantier de l’A69 dans le Tarn qui est d’ailleurs une catastrophe pour notre trésorerie et immobilise des engins : les salariés ont accepté d’avancer leurs congés pour préserver l’entreprise. On gagné en résilience et en solidarité. Mais il est clair qu’on a besoin d’une reprise de l’activité comme avant surtout quand on sait que notre pays a besoin de nouveaux logements et de nouvelles infrastructures…