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L’édito de Lionel Laparade : «  L’ « ovni Delga »

Publié le 12 février 2025
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L'ovni Delga
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Pour comprendre l’engagement politique de Carole Delga, qui dévoile ses projets dans un entretien exclusif à «  La Dépêche du Midi », il faut connaître le parcours personnel de l’actuelle présidente de la région Occitanie. Et qui n’exclut probablement pas de le rester en 2028, entre autres hypothèses et si les électeurs le décident…

Finalement, la gauche locale et ses amis auront pensé plus fort qu’elle-même à sa candidature aux élections municipales de Toulouse.

Mais en déclarant aujourd’hui prioriser d’autres batailles que celle du Capitole, l’élue de 53 ans ne jure pas qu’elle n’en a jamais caressé l’idée, par goût du défi, par ambition pour la troisième ville de France, mais aussi parce que la vie et le pays dans lequel a grandi Carole Delga lui ont appris que tout est possible, à condition de travail et de sincérité.

Pur produit de la République, façonnée par l’école de Jules Ferry et de Jean Jaurès, la Commingeoise est entrée en politique par hasard en 2008, et bientôt vingt ans plus tard, elle reste un «  ovni » dans cet univers où elle cultive toujours sa différence, ses racines provinciales et socialistes.

Son passage à Bercy en 2014 et 2015, notamment aux côtés d’Emmanuel Macron dont elle est devenue une adversaire politique, puis son élection à la présidence de «  Régions de France » en 2021, lui ont ouvert les portes de Paris et du pouvoir. Sa vision du PS et ses divergences avec Olivier Faure – qu’elle ne souhaite pas voir reconduit à la tête du parti-, son refus de toute allégeance aux Insoumis et sa ligne anti-Nupes, l’ont aussi propulsée au palmarès des personnalités politiques nationales, comme un prolongement de l’ascenseur social qui s’est ouvert, lorsqu’il fonctionnait encore, sur ses origines modestes.

De son enfance au pied des Pyrénées avec sa grand-mère illettrée et sa mère, sténodactylo devenue femme de ménage après un licenciement, la Première dame d’Occitanie n’a pas gardé que son accent d’ici et ses attaches à Martres-Tolosane, où elle vit toujours dans la maison rachetée à sa tante.

En vérité, l’intime et le personnel pavent l’action politique de Carole Delga, et si elle confie à d’autres, à gauche, le destin de sa «  ville de cœur« , c’est dit-elle, « pour continuer d’être utile à l’Occitanie, ses habitants, son agriculture, ses transports, ses lycées, son économie et ses emplois, son tourisme, son environnement ou sa ruralité ».
C’est aussi parce qu’à cet instant de notre récit national, elle entend l’appel du pays aux hommes et femmes responsables et de bonne volonté, et perçoit l’espace qui s’ouvre pour la gauche réaliste, réformiste, laïque et républicaine dont elle se revendique. Le lancement aujourd’hui de son site «  www.caroledelga.fr », qu’elle aurait aussi pu aussi baptiser « www.caroledelga.faire », n’est bien sûr pas le fait du hasard…

De quel pays parle-t-elle lorsqu’elle se dit «  au travail » ? Du sien, « païs » méridional qui s’étend de la Camargue à la Gascogne, ou de la France plongée depuis la dissolution dans l’instabilité politique, institutionnelle et économique ? Les deux sans doute…

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