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Sciences : les femmes ne doivent plus être l’exception

Publié le 06 février 2025
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En instaurant le 11 février, comme « journée mondiale des femmes et des filles de science », l’ONU entend mettre fin à une inégalité entre filles et garçons dans l’accès aux filières scientifiques. Une initiative qui, si elle ne résolve pas toute la question de la sous-représentation des femmes dans l’univers des sciences, mérite d’être soutenue.

Selon l’UNESCO, moins de 30% des chercheurs dans le monde sont des chercheuses. Et moins d’un tiers des étudiantes suivent des études dans les domaines des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques. Et encore, l’immense majorité s’oriente vers la médecine, seule discipline scientifique quasi paritaire. «  Depuis trop longtemps, les préjugés et les stéréotypes de genre éloignent les filles et les femmes des domaines liés à la science… Les femmes n’accéderont pas à l’autonomie ni à l’égalité si elles n’ont pas accès à la science » constate l’Organisation des Nations qui a donc décidé en 2015 d’instaurer le 11 février, comme journée mondiale des femmes et des filles de science.

Cette initiative a le mérite de réveiller les consciences et de poser des questions. L’ONU illustre cette campagne par une célèbre photo noir-et-blanc de Marie Curie, première femme à recevoir le prix Nobel il y a plus d’un siècle. Comme elle et sa fille Irène Joliot-Curie, Prix Nobel de chimie en 1935, d’autres femmes ont bien sûr fait avancer la science. On peut citer Katherine Johnson, directrice des calculs à la Nasa, qui a beaucoup contribué aux premiers pas de l’Homme sur la lune, Françoise Barré-Sinoussi, cheffe du laboratoire dans lequel a été identifié le VIH pour la première fois, Gertrude Elion, prix Nobel à l’origine des traitements contre la leucémie, ou encore Rosalind Franklin, qui a mis au point les tests ADN, devenus indispensables aujourd’hui dans des domaines comme la génétique et la justice.

Pourtant, ces femmes sont longtemps restées des cas trop isolés ou invisibilisés, dans un monde scientifique rempli principalement d’hommes, où elles ont sans cesse dû lutter pour trouver leur place, et même justifier leurs compétences. Et si aujourd’hui les mentalités évoluent, certains métiers ou disciplines semblent encore apparaître comme inaccessibles aux femmes, si l’on se réfère aux chiffres évoqués plus haut.

En France, depuis 25 ans, l’association «  femmes et sciences » fondée par des grands noms de la science comme Françoise Héritier ou Huguette Delavault, aujourd’hui disparues, donne de la visibilité aux chercheuses et incite les jeunes filles à s’engager dans des filières scientifiques. Les principales écoles d’ingénieurs et institutions du secteur, comme l’INRAE ou le CNRS, sont adhérentes. Ses membres vont à la rencontre d’étudiants, d’enseignants et d’associations d’éducation populaire pour lever les préjugés qui existeraient, promouvoir et valoriser les carrières scientifiques et techniques auprès des jeunes filles et des jeunes femmes. Dans le cadre de la fête de la science (3-13 octobre 2025), les Régions, gestionnaires des lycées, s’associent à ce travail essentiel de sensibilisation. Car c’est bien à ce moment décisif de la scolarité et de l’orientation que se dessinent les vocations.

Comme l’ONU, comme «  Femmes et sciences », nous devons répéter inlassablement que « la science et les techniques ont besoin des filles pour avancer, pour être plus performantes ». Les femmes le démontrent quotidiennement dans nos laboratoires de recherche ou nos universités. Sans ce travail collectif pour lever tous les freins qui empêcheraient, aujourd’hui encore une jeune femme de se lancer dans l’aventure d’une carrière scientifique, et ainsi contribuer à améliorer les connaissances de l’ensemble de notre société, tout le monde restera perdant.

L’équipe de La République en Commun 

Dans un monde scientifique rempli principalement d’hommes, les femmes ont sans cesse dû lutter pour trouver leur place, et même justifier leurs compétences.