Le refus de censurer le gouvernement Bayrou sur le budget par les députés socialistes ne signifie pas approbation de sa politique. J’approuve pleinement ce choix responsable pour ne pas ajouter de l’instabilité et de l’incertitude préjudiciables pour nos concitoyens, l’économie, la cohésion sociale de la France.
Ce budget n’est pas le nôtre, et les mots du Premier ministre sur la prétendue submersion migratoire, ne le seront jamais. Il n’y a ni ambiguïté, ni contradiction : les socialistes restent fermement opposés à la politique conduite depuis 7 ans par Emmanuel Macron et ses gouvernements successifs. Mais nous refusons d’ajouter du chaos institutionnel à la profonde crise de confiance que traverse notre pays. Déposer ou voter une nouvelle motion de censure aurait encore plus affecté l’activité et la cohésion sociale du pays, déjà malmenées par une longue suite d’irresponsables et injustes décisions.
Notre position est claire. Contrairement à d’autres formations de gauche, nous refusons d’entrer dans une logique systématique d’obstruction, dépourvue de solutions et porteuse d’obscurs horizons.
Comme l’a récemment rappelé le politologue Frédéric Sawicki dans Libération, la France a besoin d’un budget, car nous sommes confrontés à nos réalités locales : les collectivités que nous administrons subissent directement les baisses de dotations et les décisions budgétaires prises à Paris. Et c’est en responsabilité que je le dis : ce n’est pas en précipitant le pays dans une incertitude budgétaire que nous pourrons améliorer la vie de nos concitoyens. Nous, élus des territoires, savons à quel point la fragilisation de notre économie toute entière se répercute, de la manière la plus concrète qu’il soit, sur l’ensemble de nos concitoyens.
Néanmoins, notre vigilance reste entière. L’usage répété du 49.3 ne peut, et ne doit pas être considéré comme une norme, sans conséquence sur notre démocratie.
Ni ambiguïté ni contradiction, la réalité est là. Nos parlementaires ont obtenu des avancées concrètes : la réindexation des retraites, l’abandon de la taxe sur l’électricité et du déremboursement des soins, le maintien de 4000 postes d’enseignants, etc. Il reste néanmoins tellement à faire sur les salaires, les petites pensions de retraites, les services publics, l’accès aux soins, le logement, les mobilités… Nous n’abandonnerons pas : nous restons mobilisés, au Parlement comme dans nos collectivités, pour proposer une alternative crédible, responsable et fidèle à nos valeurs de justice sociale, d’humanité et de solidarité au service des Français.
Carole Delga