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FAIT DU JOUR Carole Delga : « Je veux être moteur pour reconstruire une France forte et une Europe solide »

Publié le 24 mars 2025

En ce début d’année 2025, la présidente de la Région Occitanie Carole Delga revient sur plusieurs sujets chauds du moment. Budget, éducation, emploi, son avenir, la politique gardoise, elle livre sa vision avec le franc-parler qui la caractérise. Interview.

Par Coralie Mollaret 

Les députés PS n’ont pas voté la motion de censure, la loi de Finances 2025 est donc adoptée. Quel regard portez-vous sur l’attitude politique des socialistes ?

Le refus de voter la motion de censure était une décision responsable, pour laquelle j’ai fortement œuvré auprès des députés socialistes. La France avait besoin d’un budget pour stopper la hausse des taux d’emprunt sur les marchés financiers… Nous allions être pris à la gorge, avec des taux supérieurs à ceux de la Grèce, du Portugal et de l’Italie. Et nous avions besoin d’une stabilité politique qui permette aux collectivités et aux entreprises d’avoir une vision plus claire de l’avenir, propice à la reprise des investissements et des embauches.

Malheureusement, ce retour à un peu de stabilité nationale est aujourd’hui assombri par l’instabilité internationale. Comme beaucoup de Français, je suis très préoccupée par la complaisance de Donald Trump à l’égard de Vladimir Poutine, de même que par ses menaces économiques. Nous n’avons jamais eu autant besoin d’Europe.

Une partie de la Gauche considère quand même ce Gouvernement comme illégitime, la Gauche étant arrivée première aux Législatives. Par cette attitude, ne cautionnez-vous pas une anomalie démocratique ?

Bien sûr qu’Emmanuel Macron aurait dû nommer un Premier ministre de Gauche. C’est le résultat des urnes. En juillet dernier, lors des Législatives, seul le front républicain a gagné : ni la Gauche, ni le Centre, ni la Droite. Mais la Gauche est tout de même sortie en tête. Le président de la République a fait un choix cynique : la petite politique politicienne empêchant de donner du pouvoir à la Gauche et de défaire ses politiques injustes, plutôt que la démocratie et le soutien aux plus modestes. C’est dangereux, parce que cela crée des incompréhensions et des frustrations auprès de nos concitoyens… Cela fait le lit du Rassemblement national qui, pourtant, n’a jamais apporté aucune solution aux Français. L’extrême-droite, c’est la division et la politique du pire. À l’international, c’est la complaisance, voire les accointances, avec les systèmes Trump comme Poutine. Moi, je prône une France ancrée sur sa devise : liberté, égalité, fraternité. C’est le sens de mon engagement avec la République en commun.

 

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