Depuis la loi de 2014, les progrès sont notables mais les inégalités salariales, les freins à l’entreprenariat et à l’engagement persistent dans les sphères économiques et politiques. L’égalité professionnelle et la parité restent des combats d’actualité pour les femmes.
J’ai grandi entourée de femmes fortes et résilientes. Des femmes qui ont façonné la personne que je suis aujourd’hui et m’ont transmis la conviction que l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas une option.
Il y a dix ans, la loi du 4 août 2014 portée par Najat Vallaud-Belkacem marquait une avancée majeure pour les droits des femmes. Elle consacrait des principes fondamentaux pour l’égalité professionnelle, la lutte contre les violences sexistes et le respect de la parité dans la sphère publique. Mais l’histoire nous l’a enseigné : aucun progrès n’est définitivement acquis.
Aujourd’hui encore, les inégalités persistent. À temps de travail égal, les femmes gagnent en moyenne 16 % de moins que les hommes. Malgré les lois sur la parité, seulement 20% des maires sont des femmes. Et trop souvent des jeunes filles doutent encore de leur légitimité à investir des carrières scientifiques, à prendre la parole dans l’espace public, à s’imaginer aux plus hautes responsabilités.
Je sais ce que signifie briser un plafond de verre. Lorsque j’ai été élue députée en 2012, puis nommée ministre en 2014, j’ai dû faire mes preuves dans un monde encore largement masculin. Je me souviens de cette réflexion, lancée à Bercy : « Vous êtes la fille de qui ? ». Comme si une femme en politique ne pouvait être là que par héritage, et non par mérite. J’ai tenu bon. Car pour chaque femme qui s’impose en politique, en entreprise ou dans le monde scientifique, c’est une porte qui s’ouvre pour toutes les autres.
Cet engagement, je le porte aujourd’hui en Occitanie, où nous faisons de l’égalité femmes-hommes une priorité transversale, sur laquelle nous travaillons toujours en étroite collaboration avec les associations sur le terrain. Nous avons féminisé les noms de nos lycées pour honorer celles qui ont fait l’Histoire, de Gisèle Halimi à Simone Veil ou Olympe de Gouges. Nous accompagnons les femmes entrepreneures : 26 000 d’entre elles ont été soutenues dans la création de leur entreprise sur nos terres occitanes. C’est un enjeu majeur : seulement 21,6% des entreprises sont dirigées exclusivement par des femmes. Nous agissons pour la mixité des métiers avec le programme #Hackeuses (formation au numérique) et nos appels à projets en faveur de l’égalité professionnelle.
L’égalité femmes-hommes n’est pas un combat des femmes contre les hommes, mais un combat pour toute la société. Il est temps de faire sauter les derniers verrous. Nous devons renforcer la transparence salariale, avec des sanctions renforcées pour les employeurs qui ne respectent pas l’égalité, garantir un accès équitable aux financements pour les entrepreneures, et assurer une parité effective dans les sphères de décision.
Je crois en une société où chaque petite fille grandit en sachant qu’elle a autant de droits et d’ambition qu’un garçon. Comme l’écrivait Simone de Beauvoir : « La fatalité triomphe dès lors que l’on croit en elle ». Alors refusons la fatalité. Continuons à faire avancer les droits, sans relâche, avec force et détermination.
Carole Delga