Salut nazi, discours révisionniste, raciste, autoritarisme, disparition brutale du service public… Réunis à Washington, les leaders de l’extrême droite internationale, dont celui du Rassemblement national, ont étalé leur idéologie mortifère pour la démocratie et les droits humains.
Quand soudain, la panique. A Washington, le chef du Rassemblement National, Jordan Bardella, s’est ravisé de prononcer un discours alors que Steve Bannon adressait un salut nazi aux participants de la Conservative Political Action Conference (CPAC), rendez-vous annuel de l’extrême droite du monde entier.
En 2018 pourtant, le Rassemblement National tendait les deux bras à cet ancien conseiller de Trump, ultraconservateur, ultralibéral, ultrareligieux. Invité d’honneur du congrès du RN dans le Nord, Bannon posait fièrement au bras de Marine Le Pen. L’année suivante, il parlait à l’oreille de Jordan Bardella pour la campagne des élections européennes. Bannon s’était fixé pour but en 2016 de convertir le monde au Trumpisme. Son projet ? Placer des gouvernements « libéraux-conservateurs-autoritaires-identitaires » (ce sont ses mots) à la place de tous les « mondialistes-européistes ».
Dix ans plus tard, il veut proclamer Trump Président à vie. A peine était-il de retour à la Maison Blanche que Trump l’a gracié pour ses deux condamnations, l’une pour détournement à son profit personnel de fonds dédiés à la construction d’un nouveau « mur de la honte » sur la frontière mexicaine, l’autre pour entrave à l’enquête sur l’invasion du Capitole,
Non, le demi-tour penaud de Jordan Bardella n’occulte en rien sa participation à la grande célébration de « l’internationale d’extrême-droite » dans le temple trumpiste de Washington.
Négationnistes, complotistes, révisionnistes, racistes : le chef du RN et son acolyte de Reconquête, Sarah Knafo, ont choisi leurs amis en prenant place dans cette assistance qui acclamait Banon. Assis à leurs côtés : Nick Fuentes, suprémaciste revendiqué,il considère dans ses ouvrages que des races sont supérieures à d’autres ; le cinéaste Mexicain Eduardo Verastegui, croisé anti-IVG, réalisateur d’un film aussi mensonger qu’humiliant pour toutes les femmes du monde ; les représentants de l’AfD allemande qui défilait dans les rues de Magdebourg avec des symboles du IIIème Reich ; les cadres du parti d’extrême droite espagnol Vox, qui souhaitent effacer des manuels scolaires la notion de dictature franquiste. Et Guest star, Elon Musk, tête pensante de la Maison Blanche et fabricant de fake news à la chaîne, déboule sur scène, tronçonneuse au poing. Briser la cohésion sociale, abattre les services publics, déchiqueter les droits humains, découper les lois protectrices de l’environnement : son programme, il l’assume. Le RN et ses alliés européens ont hâte de le transposer à coup de fausses informations, de fausses promesses et de faux espoirs.
Le bras tendu de Steve Bannon sonne comme un révélateur. On ne découvre pas la réalité et la brutalité de l’extrême droite : ces partis changent de nom et de visage mais l’extrême droite reste l’extrême droite, ancrée sur ses replis identitaires, le rejet de l’autre, le refus de la démocratie. L’histoire nous montre où ses dirigeants conduisent le monde quand ils accèdent au pouvoir. L’actualité aussi : Trump et Poutine tiennent les démocraties à l’écart de leurs arrangements entre amis populistes.
Bannon, Bardella, Vox, l’AfD, et les autres : au bout de ce bras de déshonneur, l’extrême-droite montre son vrai visage. Le maquillage, ça ne tient pas longtemps.
Les républicains de France et de toutes les démocraties européennes ont le devoir de démasquer les impostures de l’extrême droite, rappeler les racines de cette idéologie, dénoncer les menaces qu’elle représente pour nos droits et nos libertés, pour le progrès et la paix. Pour y faire face, nous devons aussi travailler à un projet crédible, sincère et solidaire pour mettre fin aux inégalités et aux fractures, qui désespèrent nos concitoyens. Comptez sur moi pour m’y employer.
Carole Delga