Dans la commune de Ris-Orangis en Essonne (30 000 habitants), un enfant sur trois grandit dans une famille monoparentale. « La crise sanitaire, les émeutes de 2023 et l’analyse des besoins sociaux ont mis en lumière la précarité d’une majorité de ces familles et leur difficulté dans le suivi scolaire de leurs enfants. Il était de notre devoir d’agir » explique la maire, Stéphane Raffalli : « Nous avons constaté une nécessité urgente de soutien particulièrement en matière de droits, de logement, de santé, d’accès aux loisirs. Nous avons travaillé pendant neuf mois avec des associations, des experts, et les familles concernées pour définir des mesures adaptées. Chaque mesure a été pensée pour répondre aux besoins spécifiques des parents solos et a été intégrée dans le budget municipal quand cela était nécessaire ».
Après ce travail de concertation, la commune a décliné une batterie de 21 mesures dédiées aux familles monoparentales. Beaucoup relèvent de l’accès aux droits : accueil spécifique pour faciliter les démarches et éviter le non-recours aux prestations sociales, parcours santé spécifique incluant la prise de rendez-vous chez des praticiens partenaires du dispositif, contact avec les organismes HLM, critère de monoparentalité pour prioriser les places en crèche… La ville a négocié avec les fournisseurs d’internet des abonnements à tarifs solidaires et a créé un espace de covoiturage où parents solos sans permis peuvent se rendre pour se joindre aux automobilistes. Les organismes bailleurs ont proposé des colocations sur de grands appartements qui ont très vite trouvé preneurs
« Nous avons mobilisé toutes les entreprises de la commune et des villes proches pour voir comment eux pouvaient adapter leur fonctionnement à un parent solo et quelles mesures publiques faciliteraient ce fonctionnement et leur recrutement. Le retour à l’emploi est l’un des premiers résultats positifs donc je suis le plus fier » ajoute Stéphane Raffalli.
Les consultations ont fait émerger une demande de « droit au répit » auquel la ville a répondu par trois mesures concrètes : une carte familles monoparentales » offrant des réductions sur les inscriptions et événements sportifs et culturels, un dispositif « temps pour soi » pendant lequel les enfants sont pris en charge sur différentes activités. Le dispositif n’est pas figé : une évaluation est en cours en lien avec les bénéficiaires pour que la mairie puisse ajuster certaines mesures voire en ajouter d’autres. Stéphane Raffalli tire un premier bilan très positif : « La monoparentalité n’est plus une exception. Les pouvoirs publics et plus généralement les acteurs sociaux, le monde de l’entreprise n’ont a pas suffisamment pris en compte cette réalité. À notre niveau, nous avons décidé d’agir. Si ça peut déclencher un mouvement global, nous en serions ravis… »